Habitat partagé - autonomie et convivialité
Vieillir ne signifie pas nécessairement quitter son domicile.
Aujourd’hui, des solutions innovantes, solidaires et accessibles permettent de préserver son autonomie tout en rompant l’isolement.
La cohabitation intergénérationnelle solidaire
Vous partagez votre maison ou votre appartement avec un jeune de moins de 30 ans, dans le cadre d’un contrat encadré. En échange d’un loyer modéré, le jeune peut rendre de menus services du quotidien, sans jamais se substituer à une aide à domicile. Vous conservez bien sûr la possibilité de faire intervenir une aide professionnelle.
Cette formule offre une présence rassurante, notamment la nuit, et permet de ne pas rester seul. Ce dispositif repose sur la rencontre et l’entraide entre générations.
Des associations locales comme Ensemble Solidarité Lille, Vivre Avec ou Cohabilis accompagnent les participants : mise en relation, rédaction du contrat et du bail, suivi régulier.
L’habitat intergénérationnel
Autre alternative conviviale et solidaire : vivre dans un logement indépendant au sein d’un ensemble où cohabitent différentes générations.
Chaque personne dispose de son logement privatif, avec des espaces communs partagés (buanderie, salle de réunion…), et parfois un logement réservé aux familles de passage.
Ce type de projet peut être accompagné par Habitat Participatif en Nord.
À Villeneuve-d’Ascq, l’association Toit Moi Nous a concrétisé un projet exemplaire : 22 logements (dont 7 sociaux), réunissant 27 adultes et 27 enfants. Démarré en 2011, il est opérationnel depuis juin 2018.
À Genech, un groupe réfléchit également à un projet baptisé « Habiter Autrement ». Des aides financières peuvent être mobilisées : Allocation Logement, Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA).
La colocation entre seniors
L’habitat partagé entre seniors permet à plusieurs personnes âgées autonomes de vivre ensemble dans un logement commun. Chacun préserve son intimité, tout en partageant certains espaces.
C’est un équilibre entre sécurité, entraide et convivialité. Plus accessible financièrement (entre 400 et 800 € par mois), cette formule favorise les relations humaines, le maintien à domicile et une meilleure qualité de vie.
Pour les seniors quasi autonomes, c’est une manière de :
- rompre avec la solitude
- conserver son cadre de vie
- participer à une vie collective
- éviter une entrée prématurée en EHPAD
L’aide à domicile peut être mutualisée et les aides existantes (APA, Allocation Logement) restent mobilisables.
La mairie peut jouer un rôle moteur en facilitant les rencontres entre futurs colocataires et en accompagnant le montage des projets.
L’accueil familial
Autre solution encore méconnue : l’accueil familial. Une famille agréée par le Département peut accueillir jusqu’à trois personnes âgées à son domicile.
Le coût représente environ la moitié d’un séjour en EHPAD, tout en offrant un cadre de vie familial et personnalisé.
Anticiper dès aujourd’hui
En 2050, le nombre de personnes âgées sera fortement en hausse. L’espérance de vie atteint déjà 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. Dans le même temps, les professionnels du secteur se raréfient et le coût pour les familles comme pour la collectivité augmente.
Ces réalités nous invitent à réfléchir dès maintenant.
La collectivité municipale peut et doit s’impliquer davantage auprès de nos aînés. Mais nous, citoyens, pouvons aussi anticiper notre propre avenir.
Choisir son mode de vie, c’est mieux accepter le changement. C’est décider de vieillir autrement — avec dignité, autonomie et lien social.